Les cellules d’écoute sont devenues des dispositifs quasi incontournables après l’annonce d’un plan social.
Pour certains salariés, elles constituent un espace de soutien précieux dans une période de grande insécurité. Pour d’autres, elles font partie des mesures « classiques » d’accompagnement des licenciements.
Pourtant, malgré leur déploiement, ces dispositifs peinent parfois à trouver leur public.
Comment expliquer ce décalage ? Et surtout, comment favoriser un recours effectif à la cellule d’écoute lorsqu’un PSE est engagé ?
Incarner la cellule d’écoute pour la rendre accessible
Le premier levier consiste à permettre aux salariés de se représenter concrètement ce que la cellule d’écoute peut leur apporter.
Pour cela, il est essentiel de s’appuyer sur les animateurs du dispositif afin de répondre à des questions très pratiques, telles que :
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Peut-on aborder d’autres sujets que le plan social ?
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S’agit-il d’un échange ponctuel ou d’un accompagnement suivi ?
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Quel type de soutien est proposé ?
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En quelle qualité intervient l’animateur (psychologue, coach, autre professionnel) ?
Mettre un visage sur le dispositif est fondamental pour rassurer, notamment sur la confidentialité des échanges.
Cela peut passer par :
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une présentation lors de réunions d’équipe (en présentiel ou en visio) ;
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une intervention conjointe avec un représentant de la direction ;
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une courte vidéo de présentation.
L’information diffusée via les canaux classiques (emails, affichage, relais managérial) gagne ainsi à être complétée par :
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un premier contact aussi direct que possible entre animateurs et salariés ;
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une multiplication des occasions de rencontre informelles pour « briser la glace » (kiosque, livret de sensibilisation, présence sur site).
Faciliter concrètement l’accès à la cellule d’écoute
Pour qu’un salarié puisse solliciter la cellule d’écoute, encore faut-il que les modalités pratiques soient claires, visibles et simples.
Les informations relatives aux permanences (jours, horaires, modalités de prise de rendez-vous) doivent être rappelées régulièrement, non pour inciter de force, mais pour faciliter le passage à l’acte le moment venu.
La ritualisation des créneaux (« tous les mardis », « un jeudi sur deux ») renforce également la lisibilité du dispositif.
Le lieu de rendez-vous joue un rôle clé.
Sur site, il doit garantir une réelle discrétion, à distance des lieux de passage.
Pour les accompagnements à distance, une vigilance particulière est nécessaire pour les salariés soumis à des contraintes de pointage ou d’horaires stricts.
Dans ce cadre, la posture managériale est déterminante. Une communication explicite auprès des managers peut éviter des situations dissuasives (demande d’autorisation, traçabilité inadaptée).
À travers ces détails, les salariés perçoivent très finement le niveau de légitimité accordé par l’entreprise à l’utilisation de la cellule d’écoute.
Lorsque la hiérarchie s’implique – par exemple en prenant elle-même contact avec le dispositif et en partageant son retour – elle contribue à « amorcer la pompe » et à normaliser le recours à l’accompagnement.
Ajuster le dispositif dans le temps
La fréquentation d’une cellule d’écoute dépend étroitement du contexte dans lequel s’inscrit le plan social.
Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour ajuster la fréquence des permanences :
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L’ampleur du PSE : fermeture de site, suppression massive de postes ou succession de plans sociaux génèrent des réactions émotionnelles plus intenses ;
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Le calendrier : la demande est souvent plus forte immédiatement après l’annonce du plan, puis lors de la levée des incertitudes à l’issue des négociations.
Le suivi du reporting constitue une véritable boussole pour ajuster le dispositif.
Si une baisse de fréquentation peut conduire à espacer les permanences, il est néanmoins important de ne pas interrompre la cellule d’écoute sans communication préalable.
Si l’on considère la cellule comme un élément à part entière de l’accompagnement du plan social, son arrêt mérite autant d’attention que son lancement.
Conclusion
Avant de chercher à maximiser la fréquentation d’une cellule d’écoute, il est essentiel de clarifier ses objectifs du point de vue des différents acteurs :
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s’agit-il de répondre à une obligation formelle de l’employeur ?
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de permettre un accès réel à un soutien psychologique pour les salariés qui en éprouvent le besoin ?
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ou de sécuriser humainement une période de rupture professionnelle ?
La quantité de salariés reçus ne constitue en aucun cas un indicateur suffisant de la qualité de l’accompagnement.
Ce qui importe avant tout, c’est de proposer un dispositif digne, lisible et respectueux de celles et ceux qui traversent un plan social.
Pour situer ces dispositifs dans un cadre plus large, la DARES propose une synthèse des principaux mécanismes publics d’accompagnement des restructurations et des plans sociaux.